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Commissaire de Police : un chef de service avant tout

Commissaire de Police : un chef de service avant tout

Pour devenir commissaire de police, il faut réussir le concours d’entrée à l'École nationale supérieure de la police de Saint-Cyr, ouvert aux candidats de nationalité française, âgés de 35 ans au plus et titulaires d'un diplôme de niveau bac + 5 (master II), si possible en droit.

Comme pour l’ensemble de la fonction publique, les mères et pères d'au moins trois enfants, les sportifs de haut niveau et les candidats agréés par le Préfet territorialement compétent peuvent faire acte de candidature sans condition de diplômes.

L'École nationale supérieure de police (ENSP) ainsi que certains d'instituts d'études judiciaires (IEJ) proposent des préparations, après un master I.

Le concours est particulièrement sélectif. Seule une trentaine de postes par an est disponible. Le nombre de présentations est limité à trois.

 

«Un chef de service avant tout » 

« Le grand public a une image de notre métier altérée par les séries télé où l’on voit des commissaires en pleine action avec sirènes et gyrophares, entourés d’adjoints, procédant à des investigations, des interrogatoires et des arrestations - souvent mouvementées et spectaculaires. Tout cela n’a rien à voir avec nos missions. Au quotidien, nous allons très peu sur le terrain. Notre travail, c’est d’abord de la direction et de la gestion de service dont une grande partie administrative. Nous devons organiser la vie et le fonctionnement d’un commissariat, gérer les équipes avec toute la dimension humaine que cela suppose. Nous participons également, avec les autres acteurs institutionnels – élus, préfets, pompiers, services de la justice, etc. – à la mise en place des politiques de sécurité publique. Ce volet implique de nombreuses réunions, du travail préparatoire d’étude sur la géographie, la sociologie, les mouvances criminelles de notre secteur et aussi, un aspect totalement méconnu, des contacts réguliers aves les organismes sociaux et éducatifs pour un travail préventif.»

« Passer par la case "gardien de la paix" , plus simple et très formateur »

« De nos jours, il faut beaucoup de courage aux jeunes qui veulent devenir commissaire. Le niveau de recrutement est  très élevé, les postes rares et les études longues et difficiles. Pour ma part, j’ai eu chance de rentrer dans la Police à une époque où les choses étaient plus simples. Je suis rentré comme gardien de la paix. C’était encore un concours de catégorie C. Il m’a fallut 30 ans pour gravir les échelons en prenant des cours du soir afin de passer les concours internes : inspecteur (lieutenant de police maintenant) et enfin commissaire. Pour le concours de commissaire, il y à 15 ans, il ne fallait qu’une licence. C’était beaucoup plus facile et les recrutements étaient plus nombreux.

Je conseille vraiment le parcours interne depuis un grade subalterne. Aujourd’hui, je suis commissaire divisionnaire, le parton d’un service départemental de police judiciaire. Et je peux vous dire que la connaissance, intime, pratique de la rue, la fréquentation des délinquants, la pratique de tous les grades et toutes les fonctions qui forment une équipe me sont encore très utiles. Pour mener une équipe le plus efficacement possible, il faut en avoir été un des membres de la base. Le quotidien des enquêteurs est très ingrat. Il faut savoir ce que c’est pour les comprendre et les diriger.

Mon grand regret, même  après 30 ans de service, c’est le manque de contact avec le terrain et le déficit ’’d’action’’. Je passe mon temps au bureau et en réunion. Pour un jeune commissaire, frais sorti de l’école de police qui n’est pas passé par la case ’agent de police  et inspecteur, c’est un peu frustrant.»

« Un mental à toute épreuve»

« Depuis 5 ans, je suis le parton d’un grand commissariat – une centaine de personnes avec des personnels de maintient de l’ordre, des agents administratifs et de personnel techniques. Eh bien, je peux vous dire que l’on est loin de l’image romantique des commissaires Maigret ou Navarro. Un commissariat, c’est l’urgence constante, donc le stress permanent. Il faut beaucoup d’autorité pour faire fonctionner une grande maison comme celle-ci. Une poigne de fer pour ne rien céder sur la rigueur de l’organisation et le respect des procédures mais avec une souplesse apparente pour ménager les susceptibilités de chacun. La capacité de travail est primordiale. Les journées sont souvent à rallonge et il faut, en même temps, faire plusieurs choses aussi différentes que la gestion administrative et le suivi d’une enquête avec la collecte des preuves. La charge de travail est énorme. Les objectifs de maintien de l’ordre et de lutte contre la délinquance sont impérieux. Les responsabilités sont très lourdes. Il faut savoir qu’en cas d’incident, lors d’une intervention ou dans le maintien de l’ordre pour une manifestation, nous sommes les premiers et souvent les seuls à porter la responsabilité, même si nous ne sommes pas sur le terrain. Il faut pouvoir supporter cette pression constante. »

Pour accéder à la fiche d'information sur le concours de Commissaire de Police, cliquez ici 

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